À l’occasion du Mois de la PME et du Mois de la cybersécurité, nous avons retenu les principaux conseils partagés par Joëlle-Alexandra Desmarais Lauzon, vice-présidente, Sécurité, chez nesto, lors de son passage au balado Longueur d’avance, réalisé en collaboration avec Vidéotron Affaires et Les Dérangeants.
Pour de nombreux dirigeants de PME, la cybersécurité figure sur la liste des priorités, mais rarement en tête de celle-ci.
Entre les opérations quotidiennes, la croissance de l’entreprise, les défis de recrutement et l’arrivée de nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle, il peut être difficile de savoir où concentrer son temps et ses ressources.
C’est précisément cette question qu’ont explorée les animateurs Etienne Crevier et Dominic Gagnon dans le balado Longueur d’avance, en compagnie de Joëlle-Alexandra Desmarais Lauzon, vice-présidente, Sécurité, chez nesto. Au fil de la discussion, un constat s’est imposé : améliorer sa cybersécurité ne commence pas nécessairement par l’achat d’un nouvel outil. Cela commence d’abord par une meilleure compréhension des risques auxquels l’entreprise est exposée et de ce qui est réellement important à protéger.
La bonne nouvelle? Vous n’avez pas besoin de tout transformer du jour au lendemain. Commencez par ces six réflexes.
1. Identifier ce que votre entreprise a réellement à protéger
Lorsqu’on aborde la cybersécurité, la tentation est souvent de chercher immédiatement la meilleure solution technologique.
Pourtant, la première étape consiste plutôt à déterminer ce qui est critique pour l’entreprise.
Pour certaines organisations, il s’agit principalement des données clients. Pour d’autres, ce sera la propriété intellectuelle, les informations financières ou encore les systèmes qui permettent d’assurer les opérations quotidiennes.
Chaque entreprise possède un profil de risque différent.
Avant de penser aux outils, posez-vous une question simple :
Quelles seraient les conséquences si certaines données devenaient inaccessibles ou étaient compromises demain matin?
La réponse permet souvent de mieux prioriser ses actions.
Bon à savoir
2. Désigner un responsable, même sans expert en cybersécurité
Toutes les PME n’ont pas besoin d’embaucher un spécialiste en cybersécurité dès leurs premières démarches.
En revanche, quelqu’un doit porter le sujet.
Qu’il s’agisse d’un dirigeant, d’un gestionnaire ou d’un employé ayant un intérêt pour la sécurité de l’information, cette personne peut assurer le suivi des initiatives, coordonner les efforts et maintenir le sujet à l’ordre du jour.
Comme pour les finances ou les ressources humaines, la cybersécurité gagne à être reconnue comme une responsabilité clairement attribuée.
Qui, dans votre organisation, est responsable de la cybersécurité aujourd’hui?
3. Miser sur les mesures de base qui offrent le plus de valeur
Il existe une multitude de solutions sur le marché. Toutefois, certaines mesures simples demeurent parmi les plus efficaces.
Activez l’authentification multifactorielle
Cette protection ajoute une étape supplémentaire lors de la connexion à un compte et réduit considérablement les risques liés au vol de mots de passe.
Utilisez un gestionnaire de mots de passe
Les mots de passe faibles ou réutilisés demeurent une vulnérabilité importante dans plusieurs organisations.
Effectuez des sauvegardes régulières
Les sauvegardes jouent un rôle clé dans la continuité des activités et permettent de récupérer plus rapidement après un incident.
Maintenez un inventaire de vos systèmes et de vos accès
Savoir quels outils sont utilisés, qui y a accès et quels partenaires peuvent consulter certaines données constitue une base essentielle de toute démarche de sécurité.
4. Faire de la cybersécurité une responsabilité partagée
Les technologies sont importantes, mais elles ne sont qu’une partie de l’équation.
Les cybercriminels exploitent souvent les comportements humains : courriels frauduleux, faux liens, demandes inhabituelles ou tentatives d’usurpation d’identité.
C’est pourquoi la sensibilisation des équipes demeure un levier essentiel.
Les employés devraient être en mesure de :
- reconnaître les situations inhabituelles;
- valider une demande douteuse;
- savoir à qui s’adresser en cas de doute;
- signaler rapidement un incident potentiel.
Plus les équipes sont informées, plus l’organisation est en mesure de réagir efficacement.
Bon à savoir
5. Créer une culture où l’on peut signaler les erreurs
L’un des points les plus intéressants abordés pendant le balado concerne la culture organisationnelle.
Dans plusieurs entreprises, les employés hésitent à signaler une erreur par peur des conséquences.
Pourtant, lorsqu’une personne croit avoir cliqué sur un lien suspect ou partagé une information par inadvertance, chaque minute compte.
Une culture basée sur la confiance favorise une détection plus rapide des incidents et permet aux équipes d’intervenir avant que la situation ne prenne de l’ampleur.
En matière de cybersécurité, apprendre d’une erreur est souvent beaucoup plus utile que chercher un responsable.
Une culture de sécurité efficace repose autant sur la confiance que sur les technologies.
6. Encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle
L’intelligence artificielle s’intègre rapidement dans les environnements de travail.
Plutôt que d’interdire complètement son utilisation, plusieurs organisations gagnent à établir des règles claires afin d’encadrer son adoption.
Quelques questions peuvent servir de point de départ :
- Quelles informations peuvent être partagées dans ces outils?
- Quelles données doivent demeurer confidentielles?
- Quels outils sont approuvés par l’entreprise?
- Quels usages sont encouragés?
L’objectif est de permettre l’innovation tout en protégeant les actifs les plus sensibles de l’organisation.
Question à se poser :
Vos employés savent-ils quelles informations peuvent ou ne peuvent pas être saisies dans un outil d’IA générative?
La cybersécurité, un exercice d’amélioration continue
La cybersécurité peut sembler complexe lorsqu’on la regarde dans son ensemble. Pourtant, comme l’explique Joëlle-Alexandra Desmarais Lauzon dans cet épisode de Longueur d’avance, les entreprises qui réussissent le mieux ne sont pas nécessairement celles qui investissent le plus, mais celles qui développent graduellement une meilleure compréhension de leurs risques et une culture de vigilance au quotidien.
En ce Mois de la PME et de la cybersécurité, c’est peut-être le meilleur rappel à retenir : protéger son entreprise commence rarement par une technologie. Cela commence d’abord par les bonnes questions à poser.
Octobre 2026, Par Vidéotron Affaires
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